L'Envol, un projet grandissant

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Vous aviez été plus de 60 personnes à soutenir la Classe Départ de Béthune, en juin 2019. Grâce à vous, L'Envol, Art et Transformation Sociale a pu monter son spectacle et se produire devant des centaines de personnes. Ils ont également eu l’opportunité de se retrouver face à la caméra de France Télévisions. Pour vous, Gaétan, administrateur et chargé de développement à l'Envol, a répondu à quelques questions! 

 


 

 

Pourquoi avoir décidé de lancer une campagne de financement participatif ?

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Reprenons l’essence du projet. L’Envol est un centre d’art et de transformation sociale, c’est une association qui fait quelque chose qui n’existe pas ou très peu sur le territoire français. Nous mobilisons par la pratique artistique des personnes en situation d’exclusion et ce, de façon intensive. Notre principal projet est la Classe Départ (une à Arras et une à Béthune), permettant chaque année à des groupes de 12 à 14 jeunes de vivre un parcours artistique intensif de 7 mois, 24h par semaine dans le but de retrouver confiance en eux et d’être prêts à s’insérer dans la société. Nous travaillons sur les compétences comportementales et l’intégration à un groupe par le biais de pratiques artistiques permettant par la suite une intégration plus large, au niveau social. La Classe Départ se termine généralement chaque année par un spectacle.

Nous avons choisi de faire une campagne de crowdfunding car dans notre financement, notre projet n’a pas une économie de spectacle classique, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas faire tourner la création que nous menons avec les participants de Classe Départ dans différentes salles, car le but est qu’ils retrouvent une formation ou un emploi. Les spectacles sont donc difficiles à financer et c’est pour cela que nous avons eu besoin de collecter de l’argent pour monter ce spectacle.

 


 

À quoi ont servi les fonds récoltés ?

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Le spectacle « Mes souvenirs sont les orties qui poussent dans ton jardin » s’est joué à la salle Olof-Palme, à Béthune. Le fait de ne pas se produire dans un théâtre a engendré des frais techniques et d’aménagement temporaire de la salle. Mais cela a aussi permis de toucher un plus large public, cette salle étant située au-dessus d’un centre commercial. Il a fallu monter une scène, ramener beaucoup de matériel technique… De plus, la scénographie de ce spectacle était imposante, puisque un podium de défilé de mode était installé au centre de la salle. Nous avions également fait appel à un groupe de musique. Et tout cela a été permis par la campagne de financement participatif. Sans ces 5 000 euros, il aurait été impossible pour nous de monter un spectacle de cette ampleur, tant artistique que technique.

 


 

Comment s’est passée la remise des contributions ?

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Cela a été assez simple à mettre en place, grâce à l’extrait de l’ensemble des contributeurs que nous a fourni la plateforme Propulsons ! La première contrepartie était l’adhésion à l’Envol, puis les places pour le spectacle et l’affiche, que nous avons pu distribuer et envoyer très facilement. La journée en immersion à l’Envol, à destination des plus gros contributeurs, est finalement la seule chose que nous n’avons pas vraiment mise en place. Nous avons pris contact avec ces personnes, mais l’organisation était difficile et elles ont préféré ne pas venir. Nous avons donc envoyé une centaine de courriers avec un petit mot de remerciement. Cela nous a pris du temps, mais c’était très simple à organiser.

 


 

Peux-tu nous donner des nouvelles de certains participants à cette Classe Départ ?

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Gina, réfugiée congolaise en CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale) avec son fils, est aujourd’hui autonome dans son logement. Elle a suivi une formation pour être auxiliaire de vie sociale et passé son permis de conduire.

Léa est maintenant vendeuse dans un magasin de prêt-à-porter.

Julia, qui venait de Paris, s’est retrouvée un peu en errance à Béthune, mais suite à la Classe Départ, elle a intégré le conservatoire de Tourcoing et obtenu son diplôme de théâtre. Elle est aujourd’hui directrice adjointe en charge des activités périscolaire pour une commune de la métropole lilloise.

Depuis la deuxième Classe Départ, nous avons créé sans le vouloir une communauté de jeunes que nous avons nommés « Porteurs d’Envol » : ils reviennent nous rendre visite, voir les nouvelles Classe Départ… Ils ont l’impression d’avoir une identité commune via cette expérience et créent des liens entre eux, même entre Arras et Béthune. Donc pourquoi ne pas imaginer un réseau national des «Porteurs d’Envol» 

 


 

Quels sont les projets de la structure, pour la suite ?

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Le projet principal de l’Envol, c’est la Classe Départ. Cela existe pour le moment à Arras et à Béthune, mais nous avons le projet de nous implanter également en métropole lilloise. Avec l’Envol, nous avons essaimé bien plus loin en France : l’année dernière, il y a eu une Classe Départ à Lyon et l’an prochain, il y en aura une à Guyancourt, une autre à Avignon et plus tard, en région Occitanie.

Tout ceci est possible car en 2019, nous avons été lauréats de la Fondation la France s’engage. Grâce à cela, nous bénéficions d’un accompagnement au développement de projet : un cabinet de conseil en changement d’échelle est à notre disposition pour nous aider. Le fait que le réseau France Active soutienne l’Envol depuis sa création a permis d’étayer notre candidature, car cela donne confiance d’être dans les réseaux de la France Solidaire et de faire reconnaître que nous sommes dans le champ de l’ESS, mais avec une conscience que le financement est quelque chose d’important pour monter un projet. Les premières années, nous avons vraiment connu de grandes difficultés financières, mais le soutien de la finance solidaire fait qu’aujourd’hui, nous avons confiance dans la gestion de nos projets. Le plus important reste les résultats que nous observons avec les jeunes que nous accompagnons.

Nous sommes en train d’écrire une méthode assez formelle de la Classe Départ pour que ce concept puisse essaimer dans diverses régions. Aujourd’hui, nous avons également envie de développer de nouvelles choses, notamment quant à l’utilisation de l’art comme vecteur de transformation sociale dans de nouveaux projets, complémentaires à Classe Départ.

Nous pensons par exemple à un projet de festival des arts pour la transformation sociale, qui serait programmé par l’Envol avec des artistes partageant la même philosophie. Il s’agirait certainement d’artistes nationaux, mais le festival aurait lieu dans le Pas-de-Calais, le projet étant né ici du fait que démographiquement, le département compte beaucoup de jeunes. Or, d’après les statistiques, cette jeunesse se retrouve dans une situation plus compliquée que celle de la moyenne nationale.

Nous aimerions donc que ce projet puisse naître dans 2 ou 3 ans, et ce serait également l’occasion de faire se rencontrer les Classe Départ des différentes régions. D’ici l’année prochaine, il y aura d’ailleurs des voyageurs de Classe Départ un peu partout en France.